Le ministère de la Santé a publié la Feuille de route « Prise en charge des personnes en situation d’obésité 2026-2030 », confirmant que l’obésité demeure une priorité majeure de santé publique en France.
Cette feuille de route s’inscrit dans la continuité des plans précédents, tout en reconnaissant que les réponses actuelles restent encore trop fragmentées, parfois tardives, et inégalement accessibles selon les territoires. L’obésité continue de progresser, en particulier dans ses formes les plus sévères, et reste étroitement liée aux inégalités sociales, économiques et territoriales.
Ce document concerne spécifiquement la prise en charge de l'obésité en France et est partagé ici à titre informatif.
Prise en charge de l’obésité en France : une approche structurée et graduée par parcours de soins
L’un des apports majeurs de cette feuille de route est le passage à un modèle de prise en charge plus structuré, coordonné et gradué.
La stratégie confirme une organisation de la prise en charge de l’obésité autour de trois niveaux de recours, en cohérence avec les recommandations de la HAS (Haute Autorité de Santé).
Ce nouveau cadre repose notamment sur :
- Un repérage et une orientation plus précoces ;
- Une coordination renforcée entre médecine de ville et hôpital ;
- La structuration territoriale des filières de soins dédiées ;
- Et le rôle central des Centres Spécialisés de l’Obésité (CSO), dont le nombre atteint 42 en 2025.
Cette évolution reflète un changement clé : l’obésité est désormais abordée comme une maladie chronique nécessitant un suivi au long cours.
Traitements médicamenteux de l’obésité : quelle place pour les thérapies GLP-1 ?
La feuille de route reconnaît explicitement que les bénéfices des nouvelles stratégies médicamenteuses sont désormais acquis.
Elle insiste toutefois sur la nécessité d’une vigilance particulière, notamment concernant les risques nutritionnels, le mésusage potentiel, et l’intégration de ces traitements dans des parcours dédiés.
En France, ces traitements sont désignés comme : TMO (Traitements Médicamenteux de l’Obésité).
La feuille de route souligne que leur bon usage nécessite :
- Des parcours spécifiques ;
- Un positionnement clair dans la stratégie globale ;
- Une formation renforcée des professionnels impliqués.
Ces travaux sont encadrés par le GCC-CSO (Groupe de Concertation et de Coordination des Centres Spécialisés de l’Obésité).
Pourquoi la feuille de route met l’accent sur le manque de données disponibles
Le ministère souligne un manque majeur de données structurées permettant de mieux caractériser la sévérité, la complexité et les trajectoires des patients.
L’absence de traçage systématique dans le SNDS (Système National des Données de Santé) limite aujourd’hui la compréhension fine des parcours.
La feuille de route prévoit ainsi d’améliorer :
- Les systèmes de codage hospitalier (PMSI) ;
- Les indicateurs épidémiologiques ;
- Et le recueil de données sur certaines formes complexes d’obésité.
À retenir : l’obésité devient un enjeu de parcours coordonné et multi-acteurs
Avec cette feuille de route 2026-2030, l’obésité en France est désormais pensée comme un enjeu nécessitant des parcours gradués, coordonnés et pluridisciplinaires.
La stratégie renforce également le rôle des équipes multidisciplinaires, incluant notamment les professionnels de l’activité physique adaptée (APA).
Cette transformation structurelle devrait fortement orienter les priorités du système de santé français dans les années à venir.
FAQ - Comprendre la feuille de route Obésité 2026-2030 en France
Qu’est-ce que la feuille de route Obésité 2026-2030 ?
Il s’agit du cadre national publié par le ministère de la Santé afin d’organiser la prise en charge de l’obésité en France jusqu’en 2030.
Quels sont les principaux objectifs de cette stratégie ?
Quatre objectifs sont fixés : infléchir la progression de l’obésité, améliorer l’accès à des soins personnalisés au long cours, renforcer la formation des professionnels, et capitaliser sur des parcours innovants à tous les niveaux de recours.
Quel rôle jouent les Centres Spécialisés de l’Obésité (CSO) ?
Les CSO sont un pilier central du dispositif français. Leur nombre atteint 42 en 2025 sur l’ensemble du territoire.
Quelle place occupent les traitements GLP-1 dans la feuille de route ?
La feuille de route reconnaît leur efficacité tout en insistant sur le bon usage, la vigilance, le suivi, et leur intégration dans des parcours dédiés.
Pourquoi la feuille de route met-elle l’accent sur les données ?
Le ministère souligne l’insuffisance actuelle de données structurées sur la sévérité et les trajectoires des patients, et prévoit de renforcer les systèmes de codage et les indicateurs dans le SNDS.





